Arrêt sur image : découverte d’un photographe hors normes

Marseille – Réformés

Je suis allée à la rencontre d’un photographe marseillais, Philippe Maquelle, dont l’un des clichés vu sur Facebook m’a interpellée. J’ai voulu en savoir plus sur le message qu’il souhaitait faire passer, sur l’histoire de cette image tout simplement…

photographe marseille

« La photo a été prise en mars dernier, sur la Canebière, devant la boutique de l’OM. C’était au moment des manifestations contre la loi travail. J’ai vu ce couple (sûrement de chibanis), qui regardait le cortège de revendications. J’ai tout de suite vu beaucoup de tendresse entre eux ainsi que le message de l’affiche juste derrière. L’union des 2 (le couple et le slogan de l’affiche) délivrant ainsi un message universel, de tolérance… Puis les tensions actuelles (affaire du burkini etc), la récupération politique des uns et des autres, attisant la haine la plupart du temps entre les gens, m’a donné envie de republier cette photo. Pour moi, qui revendique la laïcité pourtant, il s’agit de dire oui à la tolérance, au vivre-ensemble. Arrêtons de chercher toujours un responsable à nos malheurs. On a la mémoire courte, arrêtons la stigmatisation qui fait le jeu des extrêmes dangereux (dans les deux camps : Front National et Daech).

Cette photo représente aussi le lien entre les générations (jeunes footballeurs et des anciens), c’est la diversité. Leur regard dans la même direction pose l’apaisement de la femme, le regard dubitatif, presque inquiet de l’homme. On peut tous s’y retrouver, on regarde tous vers l’avenir, avec incertitude. J’ai voulu dire « apaisons-nous et restons solidaires… »

Depuis quelques jours, cette photo rencontre un beau succès à travers les réseaux sociaux. La plupart des gens ont compris le message. Et ça c’est rassurant…

Mais qui est-ce ce photographe ?

photographe marseillePhilippe est avant tout un artiste-photographe. Il ne travaille pas pour la presse. Même s’il a le regard acéré et réaliste des observateurs. Ses autres univers sont citadins et oniriques. Et c’est Marseille qui inspire Philippe, alias Doog Mc’Hell… « J’aime cette ville. Je suis un photographe urbain et Marseille me plaît pour sa diversité architecturale, ces empilements, ce bric à broc. Il y a encore quelques années, une autoroute s’arrêtait en ville (porte d’Aix). Il y avait des passerelles dans tous les sens etc…, bref Marseille ! »

Montage, assemblage d’images et ça marche…

Philippe utilise donc Marseille en décor, et y rajoute des éléments extérieurs (monuments d’autres villes etc), mais pas toujours. Il reconstitue aussi la ville. Il déplace les tours, les intègre dans un autre quartier… Histoire de marquer les esprits, « que les gens apprennent à regarder leur ville, ses monuments, ses bâtis, ses particularités qui finalement leur apparaissent différemment, une fois assemblées ». Quelques fois, le photographe utilise 80 photos pour en réaliser une seule. Ce photographe fait vivre la cité à travers des photos étrangement vivantes, graphiques, harmonieuses, comme si la ville se métamorphosait, semait elle-même des éléments bâtis, imprévisibles, mutants…

On peut voir aussi des messages. « Mais c’est aux personnes d’en donner une interprétation. Leur interprétation ».

Pour l’univers onirique (prolongement des clichés urbains), c’est la libre imagination qui règne. Philippe transforme des centrales nucléaires, les tord, pareil pour les châteaux d’eau qui deviennent beaux et poétiques. Ces clichés sont exposés aussi bien au Silo que dans des lieux plus intimistes. Je vous invite à découvrir ses photos sur le site : Doogphotos.com

photographe marseille

« Tri Sélectif » – une inspiration issue d’une actualité de l’époque : une grève mémorable des éboueurs

 

« Massalia »

photographe marseille

« Vacarme »

photographe marseille

« Danger Ciel Pollué »

photographe marseille

« La cage de faraday »

« Danse des corolles » – Centrales nucléaires…

« Danse des corolles »

« SPRING SUBMARINE »

Laisser un commentaire