Bigoud : les potagers à Marseille !

Marseille – 9ème

Je suis allée à la rencontre de Caroline Decque en train de jardiner. Cette toute jeune femme donne un grand coup de pied aux idées reçues sur l’aspect pépère du jardinage. A tout juste 25 ans, Caroline venue au potager par hasard, est en passe de créer de son emploi et sûrement à terme, des emplois, via une association « Bigoud' ». Explications.

Caroline Decque, en route les plants de tomates !

C’est à la maison de retraite Regain, tout près du métro Sainte-Marguerite-Dromel, que nous avons rendez-vous. Caroline a créé en décembre dernier, une association « Bigoud ». L’asso crée et entretient des jardins potagers en ville, à Marseille. L’idée est de se réapproprier des terrains à l’abandon ou bien en friche dans le but de développer une agriculture urbaine et citoyenne. Aujourd’hui, Caroline s’apprête à planter des tomates. Elle aura de la place car tout est encore à faire depuis que la structure (Ehpad) lui a confié environ 500 m2 de terrain. Des surfaces qui n’étaient pas utilisées et que la maison de retraite a souhaité mettre à profit pour ses pensionnaires*.

Un projet, des potagers à dessiner !

« Je suis très heureuse d’avoir décroché cette convention. Le lieu (le jardin des Trinitaires) qui entoure l’établissement est très plaisant et offre beaucoup de possibilités. Je mets en place les potagers, j’apporte mon énergie aux pensionnaires » explique Caroline. Caroline revendra les légumes cultivés sur des marchés et à des restaurateurs à la recherche de légumes frais. La jeune femme cherche d’ailleurs un local en ville pour ouvrir son propre restaurant afin d’assouvir sa passion du jardinage et son amour de la cuisine. A bon entendeur…

Quand elle était petite, Caroline n’était pas du tout attirée par le jardinage. Tout s’est joué à l’heure du service civique. Caroline le réalise dans une communauté Emmaüs en Ariège. On lui fait confiance et Caroline se prend au jeu. Pas un petit tout de même, puisqu’il s’agissait de mettre en place un terrain de 2 hectares, de A à Z. L’idée étant de produire des légumes pour la communauté. Un sacré challenge pour une toute jeune fille. Qu’elle réussira, même si cela n’était pas toujours facile. Mais cette expérience lui permet de trouver sa voie, puisqu’elle se découvre là-bas, également, un penchant pour la cuisine. Avec ces expériences en poche, elle vient s’installer à Marseille et décide d’utiliser ses compétences pour faire ressortir la nature en ville. Une idée qui semble pousser.

Avec les membres de Bigoud, l’énergie et les idées ne manquent pas. Autre « chantier vert » en cours, un jardin à Belsunce d’une quarantaine de m2, géré par le centre social Bernard du Bois. Il permet à des enfants de découvrir le plaisir de la terre, en plein centre-ville. Une démarche qui on l’espère se multipliera.

L’association s’appuie sur un groupe de bénévoles qui, de part leurs différents horizons, mettent en relation les acteurs du projet : propriétaires des terrains, jardiniers, animateurs et partenaires institutionnels ou privés.
« Nous voulons montrer qu’il est possible de développer une agriculture urbaine, citoyenne et pérenne en ville.  Aujourd’hui, nous sommes prêts à élargir le nombre de nos adhérents et partenaires ». Pour plus de renseignement, contact Caroline Decque au 06 11 28 43 57  ou par mail carolinedecque@hotmail.com
Une plateforme participative sur Ulule, lien : connaître le projet, participer et les aider

 

*C’est aussi créer du lien social, du bien-être …

Hélène Bellet de l’EHPAD Regain, à côté d’une table jardinière

Pour Hélène Bellet, de Regain, la venue de jardiniers au sein de l’établissement est très positive. C’est la mise en valeur d’une grande superficie (1,7 hectares) de terrain. « Pour les pensionnaires, c’est le plaisir de voir de la jeunesse, ce sont des échanges. Un bienfait thérapeutique. Les potagers offrent un but de promenade, un cadre. C’est très bien pour les malades d’Alzheimer qui ont besoin d’être dans un lieu apaisant. Les légumes ne sont cependant pas consommés sur place pour des raisons de normes, qui ne dépendent pas de nous ».

Plusieurs partenaires travaillent aux Jardins des Trinitaires : l’association Bigoud’, Les Enfants de la Pauline (des enfants viennent tous les jeudis après-midi travailler sur leurs parcelles) et la Maison d’Enfants Les Mouettes. Les enfants ont construit de magnifiques tables jardinières. Pour jardiner avec les pensionnaires.

 

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