Heikel Mani

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Heikel Mani et Maxime Carasso livrent une interprétation convaincante, qui aurait sans doute fait plaisir à Smadah, celui qui a donné la parole aux plus démunis de Tunisie.

Une fois encore, des voix s’élèveront et résonneront pour le peuple tunisien qu’il ne faut pas oublier.Deux hommes sur scène. L’un d’eux vient de Tunisie où il réside, il est comédien et se nomme Heikel Mani. L’autre est français, interprète aussi aguerri, Maxime Carasso. Vêtus de blanc, en toute simplicité, et portant chacun le manuscrit des poèmes de Mnaouar Smadah, aujourd’hui disparu. Un banc à deux ponts relie ces hommes et surtout, la parole forte et émouvante de ce poète tunisien. La lecture en français et en arabe apporte une crédibilité et une intensité rares. Le ton et la mise en scène procurent le plaisir des oreilles et des yeux. La gestuelle est tantôt grave, tantôt sensuelle ou drôle. Toujours juste, sans excès de zèle. Calibrée par Jeanne Poitevin, metteur en scène. La lumière change doucement, crépite, est crue puis plus chaude, ou bien illumine, sur un léger fond musical. Laissez-vous porter par ce souffle de vie. La voix est à son tour transformée de manière impressionnante au fil des poèmes et laissée toute puissante. Pour délivrer des mots pensés pour faire changer les choses dans un pays qui a connu la colonisation, la dictature et maintenant en proie à la menace islamiste. Les sujets méritent attention. Il est question de liberté, de misère, de vie, d’amour. Il pousse à la réflexion en étant théâtral et esthétique. C’est une grande chance que de pouvoir partager ce moment de liberté, avec des comédiens investis et sincères. L’histoire avec un grand H y est traitée mais surtout invite à un avenir avec un grand A. Pour que le peuple tunisien ne soit pas réduit au silence après le courage dont il a fait preuve voilà quatre ans. Pas de politique, rien que de l’humanisme. Une petite goutte dans la mer qui maintient le pont entre l’Orient et l’Occident. Le point d’orgue de la troupe est la tolérance et le respect des désaccords. La vraie liberté, un grand vent d’oxygène à respirer d’urgence…

Le comédien tunisien, Heikel Mani répondra aux questions du public après la représentation. Allez-y ! C’est vraiment émouvant au sens noble du terme, et utile à tous.

La Compagnie Alzhar met en scène les poèmes de Mnaouar Smadah le 28 mars au Parvis des Arts à Marseille.

Mnaouar Smadah

Mnaouar Smadah, mort en 1998, est un poète très important dans la culture tunisienne, un écrivain de la déchirure, du changement, il a été conduit en hôpital psychiatrique ; extrasensible, frôlant les limites, il fut incarcéré et représente pour beaucoup l’art poétique contestataire de ces dernières années en Tunisie. Entendre ainsi Smadah sur scène, en arabe, tel qu’il écrivait, et en français, tel qu’il a été traduit pour l’occasion, est une innovation. Chercheurs, poètes ont été sollicités pour cette traduction. Affaires et peines, mise en scène par la compagnie Alzhar, le samedi 28 mars 2015 dès 20 h 30 au Parvis des Arts, 8 rue Pasteur Heuzé dans le 3è arrondissement de Marseille Réservations sur place ou au 04 91 64 06 37 ou bien en ligne http://www.parvisdesarts.com Tarifs entre 6 et 12 €


 

 

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