Ils tournent dos à la viande !

Marseille –

Le sujet est important et je vous demande pardon pour le jeu de mots contenu dans le titre, mais je n’ai pas pu résister. Le sujet, le végétarisme, est important disais-je car il touche des fondamentaux et notre responsabilité à tous, celui de la souffrance animale et de la gestion de l’environnement. On nous fait croire que les images de maltraitance dans les abattoirs sont des exceptions…. Ça alors ! Quelqu’un passait par là et pof, il tombe sur la bonne image…. Trop fort ! On nous prend vraiment pour des jambons.

Je suis allée à la rencontre de marseillais qui ont décidé d’arrêter la viande, comme on arrêterait de fumer. Ça semble plus facile que l’on ne le croit et je peux vous assurer qu’ils sont en pleine forme ! Tous ont en commun de dénoncer le système d’hyper-production qui dérègle la vie animale (disparitions d’espèces), qui pollue, et qui maltraite dans la presque indifférence générale. La nouvelle génération plus réfléchie, plus informée, semble en marche… Loin d’être extrême, elle pose les bonnes questions sur la place de l’homme dans l’environnement, ses droits et ses devoirs.

Jeff et Laure, gérants de l’Ave Maria (cave à vins, restaurants, lieu festif !)

Jeff et Laure au Panier, fiers de ne plus manger de viande

Ce couple est végétarien depuis 3 ans environ. Ils le sont devenus du jour au lendemain. Un ras-le-bol, l’envie d’être en accord avec eux-mêmes. Avant tout pour des convictions politiques. « Nous n’arrivons plus à considérer les animaux comme de la nourriture. Personne n’aurait l’idée de manger son chat… On s’inscrit dans la pensée antispéciste qui estime qu’aucune espèce vivante ne doit en asservir une autre ». Pour Jeff, ces convictions rejoignent celle de l’anti-fascisme. « Le système actuel de production et de consommation de la viande conduit à une forme d’esclavage pour les animaux. Provoquant des aberrations dans les abattoirs, dans la production industrielle…  des scandales sanitaires ». Laure : « Je pense que les gens se voilent la face, et puis on nous formate depuis des années. Manger de la viande, c’est la santé ! » Pour Jeff, la production de viande est polluante, on prend les céréales à des pays pauvres, on dérègle le système. Et puis la viande est bourrée de médoc…. « Bref on ne voit que des bienfaits à ne pas en consommer. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, le végétarisme n’est pas compliqué. Pas du tout, il s’agit de savoir ce que l’on mange, d’allier oléagineux et féculents. Rien de contraignant. Un peu de levure maltée sur les salades, histoire d’avoir la bonne dose de vitamine B12 et c’est la forme. Nous avons deux petites filles qui ont le choix ou pas d’en manger, notamment à l’école. Elles ne courent pas après, une chose est sûre, on ne les conditionne pas 🙂 » . Jeff et Laure ne comprennent pas non plus que l’on répète à longueur de journée que l’homme est carnivore et qu’il doit manger de la viande. « L’homme a évolué, il n’y a plus de nécessité absolue à manger de la viande. C’est une fausse idée ».

Jeff et Laure sont gérants de l’Ave Maria (cave à vins, restaurant), rue du Petit Puits. « L’Ave Maria est de plus en plus végétarien, même s’il ne l’est pas encore complètement. On ne veut pas donner des leçons. Mais intuitivement, l’assiette de charcuterie est progressivement remplacée par des tapenades et anti-pasti, par des salades savoureuses. Et finalement personne ne s’en plaint au service.

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Blandine Ollivier, créatrice de la marque « Blandine cuisine pour vous… », traiteur sur commande. Son site : Blandine-cuisine.fr

Blandine Ollivier, rencontrée à Noailles, végétarienne par respect pour l’environnement et les animaux

Cette géologue de formation a abandonné la viande, le poisson et le lait, il y a 2 ans. « Je me suis posée des questions pendant mes études. La viande coûtait chère et du coup j’en mangeais moins. Puis j’ai compris que les animaux étaient largement traités aux antibiotiques. Premier dégoût ». Puis sont venues se greffer les images de maltraitance dans les abattoirs. Pour Blandine, la décision s’est finalement imposée. « J’ai décidé d’arrêter de consommer de la viande et du poisson aussi. Pour la souffrance occasionnée et par respect pour l’environnement. On dérègle tout. Je ne suis pas contre l’élevage, moi qui vient des Hautes-Alpes, je connais l’importance des pâturages. Mais j’aimerais que la production soit réfléchie, mesurée. Pour ma part, j’ai arrêté d’en manger du jour au lendemain aussi et sans en ressentir de manque. Je suis en pleine santé. Je ne vais jamais chez le médecin ! » Il faut dire que Blandine est douée pour la cuisine. Depuis quelques années, exit la géologie ! elle a créé une activité de traiteur. La jeune femme livre les entreprises, les collectivités et les particuliers pour des occasions (mariages, anniversaires etc). « Je n’ai pas enlevé la viande du menu car je ne veux pas perdre de la clientèle. Je débute. Par contre, je propose un grand choix de menus végétariens ou sans gluten. Les gens sont souvent surpris. Ils trouvent les plats goûteux et qui tiennent bien au corps. Loin de l’idée véhiculée ». D’ailleurs Blandine est très sportive et en pleine forme. « Si vous n’êtes pas un ou une pro de la cuisine, n’aillez pas peur. La cuisine végétarienne est relativement vite réalisée. Il suffit de faire les bonnes associations. Ne pas oublier de manger des fruits secs. Rien de très contraignant non plus ». Retrouver ses conseils de bouquins pour bien manger, en fin d’article.

Magali Zola

Magali Zola, graphiste, rencontrée à la Plaine par Antony

Je suis allé à la rencontre d’une défenseuse de la cause animale de longue date, puisque celle-ci est végétarienne depuis l’âge de 5 ans. Vingt-trois ans plus tard, Magali est toujours autant impliquée quant aux traitements infligés aux animaux. Élevée dans une famille d’amateurs de viandes, elle ne milite néanmoins pas à leur encontre.

« J’ai rencontré beaucoup de végétariens à côté de la plaque, selon moi », décrit-elle.

« Dégoûtée », des associations, Magali aimerait partager sa vision avec tous, pas seulement avec ceux déjà d’accords avec elle.

« Il n’y a pas vraiment de bien ou de mal, j’aimerais juste que les gens pensent sérieusement à la cause animale« , explique-t-elle. « Surtout qu’en 23 ans de végétarisme je vois le chemin qu’a fait la question, c’est encourageant », poursuit-elle.

Son objectif serait que tous prennent 10 minutes de réflexion sur un sujet qui devient un vrai problème: l’exploitation animale.

L’industrie alimentaire n’est pas sa seule ennemie, puisque Magali s’oppose également à celle du cosmétique, de la fourrure et du spectacle, qui, on le sait, font des ravage chez les animaux.

Pour cuisiner simplement et bon, quelques références, proposées par Blandine

Chez Hachette cuisine, collection Fait Maison – Végétarien

Chez Hachette cuisine, collection Fait Maison Bon & Sain – Vegan

Chez Marabout, Protéines Vertes par Fern Green

Chez Marabout, collection Prêt à Cuisiner – Assiette Veggie

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