La sophrologie comme 2ème vie

Marseille -Borély

Marseille aubagne sophrologue

Valérie Blaecke est en passe de devenir sophrologue après une carrière de danseuse classique et contemporaine

Au Parc Borély, je suis allée à la rencontre d’une jeune femme qui est en train de changer de vie. Valérie Blaecke a troqué ses chaussons de danseuse classique pour un autre métier : celui de sophrologue. « Je fais de la danse depuis l’âge de 5 ans. J’ai dansé sur les plus grandes scènes internationales et pour le Ballet National de Marseille pendant 19 ans, avec passion. A 38 ans, mon corps avait besoin de repos. Il fallait que je change d’activité (à cause de mes soucis de dos et de hanche provoqués par la pratique intensive de ce métier très physique). Depuis un peu plus d’un an, je suis en formation dans une école diplômante à Montpellier pour devenir sophrologue. C’est un changement de vie qui s’amorce, d’ici la fin de l’année, je pourrai exercer ce métier qui me permet de retrouver une nouvelle place professionnelle. Dans laquelle je me sens à l’aise… J’ai toujours été attirée par la psychologie. C’est une autre danseuse qui a aussi choisi cette voie, qui m’a orientée sur cette discipline complète pour le bien-être, le lâcher-prise ».  

De la danse à la sophrologie, l'écoute du corps est toujours présente

De la danse à la sophrologie, l’écoute du corps est toujours présente

Valérie suit en parallèle une formation de psychothérapeute par correspondance. Des stages vont lui permettre d’aller sur le terrain et de rôder ses connaissances. Elle pourra donc alterner les 2 disciplines en fonction du besoin des personnes. « Ce changement a été décidé après ma séparation violente avec le papa de mon 2ème enfant. La retraite au Ballet National s’amorçait à cause de ces problèmes de dos… Bref, c’était une passe difficile. La découverte de la sophrologie a donc été pour moi une thérapie, une façon d’ouvrir le champs des possibles et j’ai envie de transmettre aux autres ce qui m’a été enseigné. Le lâcher-prise notamment ».

Mais c’est quoi la sophrologie exactement ?

Mise au point en 1960 par le Dr Alfonso Caycedo, psychiatre colombien, la sophrologie est une synthèse des techniques orientales de méditation, de yoga et de relaxation occidentale. Elle permet d’affiner l’état de conscience, de vaincre la peur et d’optimiser ses possibilités. D’aller puiser les ressources pour se tirer de situations difficiles. « Il faut soit même bien se connaître pour pouvoir exercer » poursuit Valérie. La sophrologie repose sur des protocoles qui s’adaptent en fonction des individus. « Et si nous estimons que la sophrologie n’est pas la réponse immédiate pour aider une personne, en tant que sophrologue, nous orientons la personne vers un thérapeute plus approprié en fonction des ses maux ».

La sophrologie peut venir à bout de l’anxiété « passagère », celle d’un étudiant qui doit passer un examen, par exemple. A ce moment là, il suffit de s’y prendre quelques semaines avant. Ou l’anxiété plus ancrée dûe à une séparation, à la maladie, au travail, à un deuil etc… Les troubles liés sont souvent une grande fatigue, un mal être. Une régularité d’une fois par semaine est appropriée en envisageant une autonomie de la personne dans sa pratique personnelle quotidienne. « Nous travaillons sur des techniques de répétition, qui permettront à la personne de les réutiliser plus tard de façon efficace ».

Grâce à des techniques adaptées à chaque cas (travail sur la respiration, la concentration, la visualisation), la sophrologie permet de ne pas systématiquement recourir aux médicaments. Prévenir plutôt que guérir. Il s’agit avant tout de puiser en soi les ressources, prendre conscience de son état, apprendre à « s’écouter » de façon utile (sentiments, sensations), somatiser le positif et devenir acteur de son corps. Les séances peuvent être en individuel, en groupe. La sophrologie entre désormais dans les hôpitaux, pour gérer la douleur et le stress du personnel comme des malades, les entreprises, les écoles, le sport de haut niveau.

Valérie espère ouvrir un cabinet à Aubagne et aider ses « patients » à « s’armer »…. Pour désamorcer les tensions et mieux-vivre, à chacun de trouver sa méthode. La sophrologie a fait ses preuves, à vous de voir si elle peut vous convenir…

Pour en savoir plus sur les piliers de la sophrologie (source sophrologie-info.com) :

La « Relaxation Dynamique » du 1er degré, la corporalité :

Le 1er degrée compose d’une douzaine de stimulations corporelles réalisée debout, les yeux fermés, le plus souvent en « respiration synchronique » (inspiration, rétention, stimulation ou tension douce, expiration, relâchement). Chaque série stimulant tour à tour différentes régions corporelles, est suivie d’un temps d’intégration, moment privilégié pour percevoir les zones stimulées intégrées au corps tout entier. Ce premier degré vise à renforcer de manière pratique le schéma corporel*.

Il s’agit de renforcer la présence du corps dans la conscience, de libérer toutes les sensations ou toutes les tensions corporelles (« relaxation »), d’amener une présence particulière du corps. Ces différents phénomènes sont expérimentés d’autant plus facilement que l’on se trouve dans la « Conscience Intégrée ». Précisons encore qu’il ne s’agit pas de « voir » le corps mais bien de le sentir ou ressentir, d’être attentif aux informations perçues dans les différentes parties du corps.

La « Relaxation Dynamique » du 2ème degré (RD2), contemplation :

Cette dynamique se fait presque uniquement assis sur une chaise et on y apprend à contempler son schéma corporel. Si la concentration (1er degré) nécessite un effort, la contemplation , est  » la constatation passive d’une présence (sans intervention) ». Il est possible d’être dans la contemplation des sensations internes dès le 1er degré. La sophrologie distingue deux type de contemplation : interne et/ ou externe.

La posture en position assise est un peu plus tonique que lors du 1er degré. On continue d’être attentif aux informations corporelles (forme, volume, poids du corps, toutes les sensations).

L’élève effectue des séries de mouvements (de la nuque et du cou ; des membres supérieurs ; des membres inférieurs ; du tronc) en contemplant le schéma corporel en mouvement, les limites, le poids, les formes, toutes les sensations internes du corps. Là encore, chaque groupe de stimulations est suivi d’une pause d’intégration, moment fondamental de toutes les techniques sophrologiques.

On réalise également une contemplation des organes sensoriels (ou « contemplation des sensations externes ») et des sens associés. Il ne s’agit pas – comme cela peut être proposé dans un autre type d’exercice – d’un rappel de sensations (souvenir d’une odeur, d’un goût, d’un son, d’une couleur ou de sensations tactiles) mais bien de la contemplation des sensations à chaque instant et du sens que prend ces contemplations !

Cette dynamique se termine par un exercice proposant la formulation d’un souhait positif (pour soi, puis si on le souhaite, pour les êtres qui nous sont chers, voire l’humanité toute entière – cf. l’expérience de compassion des techniques de méditation bouddhique)
Elle se termine par une fin de relaxation (activation) debout, dans une conscience renouvellée de la verticalité.

Ainsi, il s’agit de renforcer le schéma corporel, de valoriser l’image du corps et d’avoir une image de soi la plus juste possible.

Ce degré est contemplatif de la perception de la gravitation et du schéma corporel en mouvement.
Ce travail permet de constater que le corps est limité, la conscience illimitée.

La « Relaxation Dynamique  » du 3ème degré (RD3), méditation :

La posture, la respiration basse sous les mains croisées au niveau du bas ventre, la forme, l’équilibre, sont l’essentiel de cette dynamique.

La  postureest ici tonique : assis au bord de la chaise, les pieds placés de telle sorte que les genoux soient écartés et plus bas que la ligne des hanches, bassin en antéversion (légère cambrure pour « contempler le soleil avec l’anus », selon l’expression ironique du Zen !) ; colonne vertébrale redressée, sommet de la tête tiré vers le ciel, menton légèrement rentré ; respiration la plus basse possible ; un poing fermé entre l’ombilic et le pubis, l’autre main sur le poing fermé, épaules et coudes tirés en arrière pour exercer une légère pression sur le bas-ventre (contact ferme maintenu/mouvements respiratoires)…

Cette posture d’ouverture s’inspire de celle du za-zen (de za, s’asseoir et zen, méditation, concentration), mais en sophrologie on ne s’assied pas en lotus ni même en demi-lotus et l’on préfère l’utilisation d’une chaise au zafu (coussin rond et dur utilisé en za-zen).

Des stimulations en « respiration synchronique » (voir 1er degré) sont pratiquées pour « déplacer le négatif de notre existence » (ou tout ce qui nous empêche d’être dans l’instant) avec les expirations, notamment lors des premières séances.

Entre la 1ère partie (yeux fermés) et la 2ème partie (yeux demi-ouverts) se pratique une marche yeux demi-ouverts (ou une série de stimulations debout), rythmée avec une « respiration synchronique », concentré sur soi, sur l’alternance des tensions et détentes corporelles. Cette marche s’inspire de la marche kin-hin pratiquée en zen.

Dans le 3ème degré, Il n’y a plus de différence entre le corps et l’esprit,
on apprend à méditer avec le corps et non plus sur le corps.

NOTE : En 1993, face aux difficultés de certains participants, le 3ème degré est complètement modifié et les « Déplacement du Négatif » y sont ajoutés. Ce degré devient moins (silencieux) « déductif » (comme en za-zen) et beaucoup plus inductif (le sophrologue oriente davantage la dynamique) et donc moins phénoménologique.

La « Relaxation Dynamique » du 4ème degré (RD4), totalité :

Cette dynamique propose une méditation pour découvrir et conquérir notre dimension existentielle. Initialement, il était proposé d’évoquer successivement 7 valeurs (méditation en position debout, bras ouverts vers le ciel, regard intermittent) : l’individualité ou la liberté, la « groupéité »* (amis, famille, êtres chers), la société, l’humanité, l’universalité, l’éternité, la divinité.

En pratique, certaines de ses propositions provoquaient une activation négative contraire à l’un des principes fondamentaux de la sophrologie. Aujourd’hui, il est donc proposé à chacun de prendre la ou les valeurs de son choix tirées d’une liste de base (d’après le déclaration de Récife). Nous laissons, pour notre part, chacun « évoquer, réclamer ou laisser venir, une ou plusieurs valeurs » de son choix, sans autres propositions. Il nous semble en effet plus phénoménologique de rester dans une démarche moins inductive pour que chacun découvre, déduise ses propres valeurs.

Chaque stimulation méditative est suivie d’une pause d’intégration debout, les yeux fermés.

Cette dynamique se pratique en deux parties séparées par une marche, avec « l’intentionnalité » d’un nouveau regard, « comme si c’était la 1ère fois » (cf. phénoménologie. En fait il s’agit toujours d’une 1ère – et dernière – fois, chaque instant étant unique. La formule « avec un nouveau regard » proposée par Bernard Santerre est donc plus juste !), les yeux tantôt fermés (nouveau regard sur notre monde intérieur, la « région phronique », phronique signifie « structuré, profond, tant le plan corporel que mental »), tantôt demi-ouverts (nouveau regard sur le monde extérieur, « l’espace phronique »).

 

 

 

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