Législatives : il veut donner plus de pouvoir aux citoyens

Marseille – Vieux-Port

Vincent Mannone, le candidat du Mouvement des Progressistes en lice pour la 1ère circonscription.

Alors que la Présidentielle bat son plein, les élections législatives qui la suivront, en juin, n’en restent pas moins très importantes. Il s’agira d’élire nos députés qui feront ou déferont la société par des lois et décrets. Par essence, nous vivons en démocratie puisqu’il y a des élections. On a pourtant souvent l’impression d’être mal représentés. Les gens sont de plus en plus informés, les réseaux sociaux et actions en ligne (pétitions, crow-founding) donnent en tout cas l’impression au « citoyen » d’avoir une marge de manoeuvre pour donner son avis ou faire des choses. J’ai rencontré un marseillais, trentenaire, qui a décidé de se lancer pour la première fois en politique. Il s’appelle Vincent Mannone.
A l’heure qu’il est, je ne peux évidemment pas vous certifier que s’il était aux manettes il mettrait en pratique ses idées mais comme je trouve que les « petits » partis sont en général exclus du débat politique (car de la scène médiatique), j’ai pensé qu’il serait bien de lui laisser la parole. Rencontre sur le Vieux-Port.

En quoi être vous êtes différent des autres politiques ?
« Il y les professionnels de la politique et il y a les autres, ceux pour qui ces élections sont avant tout l’occasion de porter un autre message, loin des clivages gauche-droite. J’ai 33 ans et grandi à Marseille. Le Mouvement des Progressistes a été initié par Robert Hue en 2009. C’est une première pour moi de me lancer en tant que candidat. J’avais milité pour Changer la Donne au coté de Pape Diouf.
Mes principes reposent sur la fraternité, le progrès social. J’estime que c’est d’abord à chaque citoyen d’agir individuellement, de devenir co-responsable. La politique doit donc être faite par les citoyens eux-mêmes. Plus globalement, le Mouvement des Progressistes entend redonner davantage de pouvoir aux citoyens car ce n’est pas un parti politique au sens classique du terme. C’est une force qui oeuvre à l’avènement d’une société libre où chacun puisse vivre en accord avec les véritables principes d’humanisme.
L’homme est placé au centre de la réflexion et de l’action politique. Avez-vous en mémoire ce fameux débat qui opposa Clémenceau à Jaurès ? Au premier qui déclare : « C’est l’individu qui fait le milieu », le second répond : « Et c’est le milieu qui fait l’individu ». Seul ce dernier propos est progressiste. Jaurès disait que les révoltes instinctives étaient inutiles, et même stériles, si elles n’étaient guidées par une idée ».
Pourquoi les électeurs voteraient pour vous ?
« Je ne suis pas un Politicien, je suis un citoyen qui connaît aussi bien les difficultés de la vie quotidienne que les bienfaits d’un vivre ensemble. Je me lève tous les matins pour travailler à la CAF. Je suis né dans le 10ème arrondissement de Marseille, j’ai fait mes études au Collège Romain Rolland et le Lycée Jean-Baptiste Brochier, ma famille et mes proches habitent dans les 10ème et 11ème arrondissements. Je connais ce quartier et ses habitants depuis toujours. Voter pour moi ? c’est voter pour vous ! Si l’on veut vraiment changer les choses en souhaitant être véritablement représenté : alors il me parait évident qu’un candidat citoyen est indispensable.
Nous connaissons plutôt un désintérêt de la politique. Le désintérêt pour la chose publique est, pour une part, dû aux dérives médiatiques de l’Etat spectacle. Les politiques sont aujourd’hui plus préoccupés par leur image que par le fond de leur mandat. Par conséquent, notre régime politique nécessite une mutation qualitative. Le MDP appelle aujourd’hui, par une vraie « rupture » institutionnelle et constitutionnelle, à la fondation d’une « République nouvelle »,  plus démocratique et plus juste ».
La présence de votre suppléante montre-t-il votre attachement à la parité Homme/Femme ?
« Il est important pour moi de faire en sorte que nous soyons égaux en tout point durant notre campagne, malgré notre emploi du temps lié aux contraintes familiales et professionnelles. C’est un état d’esprit  qui se retrouve dans le mouvement. L’une des propositions du Mouvement des Progressistes est l’établissement de l’égalité réelle des salaires masculins et féminins. Cette juste revendication est d’ailleurs ancienne. Savez-vous qu’en 1916, le Comité intersyndical contre l’exploitation de la femme réclamait cette égalité ? Depuis, elle est affichée comme une évidence dans les discours. Maintenant la réalité doit suivre…
Quels sont les points qui vous paraissent urgent à traiter ?
L’emploi : « on devrait prendre exemple sur nos voisins anglais, au moins sur un point. En effet, ils ont créé ce qu’ils appellent le « Compagnonage » pour permettre aux seniors de travailler (souvent à temps partiel) et former les jeunes en interne dans les entreprises. Le but ? « Renforcer la solidarité inter-générationnelle » et diminuer les coûts de formation tout en permettant aux seniors déjà à la retraite de continuer à travailler pour transmettre leur savoir-faire ».

Vincent Mannone

Les banlieues
« On ne sortira jamais du problème des banlieues si l’on ne se résout pas à donner aux cités ce qu’il y a de mieux en matière d’éducation, de formation, de services… Et qu’on ne me dise pas que les différents plans banlieues mis en œuvre dans les dernières années ont été une réponse suffisante. Investir dans les cités, cela ne signifie pas faire du soutien bricolé ou des plans annoncés à grand renfort d’effets médiatiques, au moment même où l’on supprime et dévalorise le peu qui existait encore là-bas. Qu’on ne me dise pas non plus qu’envoyer les meilleurs élèves dans des grands lycées ou dans des grandes écoles est une solution. La solution, ça ne peut pas être seulement la discrimination positive : ce qu’il faut, c’est envoyer les meilleurs enseignants, les meilleurs fonctionnaires là-bas. Cela implique un changement radical de politique et la mobilisation évidente de fonds. En même temps, si l’on ne fait pas cela, on se retrouvera dans quelques années (et peut-être est-ce déjà en partie le cas) avec une poudrière prête à exploser ».
Démocratie participative
« J’entends développer la démocratie sociale et citoyenne, dite aussi parfois « participative » ou « de proximité » ;  ressourcer le système de représentation au moyen de la démocratie directe. Il s’agit de stimuler partout l’échange démocratique, de susciter la parole, de faire se rencontrer des responsables de différents secteurs entre eux et avec la population.
Le partage des responsabilités concerne toutes les institutions, tous les lieux de décision. il me semble essentiel de promouvoir une gestion citoyenne des dépenses publiques et d’associer autant que faire se peut l’épargne individuelle et le progrès social. La participation concerne aussi l’Ecole. L’association des élèves à l’organisation et à la vie de l’école est Capitale. L’élève qui participe se trouve beaucoup plus motivé, et donc impliqué, que l’élève passif, à qui l’on ne reconnaît aucun droit à l’initiative. Il appartient aux enseignants d’éveiller chez leurs élèves le goût des responsabilités et le désir d’en assumer.

Finalement  : le meilleur apprentissage de la citoyenneté est son exercice effectif. Chaque citoyen en somme doit avoir la possibilité de peser sur les décisions prises dans la société ! »
1ère circonscription : partie du 10e arrondissement située au nord d’une ligne définie par l’axe des voies ci-après, à partir de la limite du 5earrondissement : boulevard Jean-Moulin, avenue de la Timone, voie de chemin de fer, autoroute Est A50, rue d’André-Bardon, avenue Florian, lit de l’Huveaune vers l’amont, traverse de la Roue, place Guy-Duran, rue Pierre-Doize, chemin des Prud’hommes, boulevard du Général-Mangin, résidence Lycée Est incluse, chemin de la Valbarelle à Saint-Marcel jusqu’en limite du 11e arrondissement ; 11e arrondissement ; partie du 12e arrondissement située au sud d’une ligne définie par l’axe des voies ci-après, à partir de la limite du 4e arrondissement : avenue de Montolivet, boulevard Gillet, boulevard Louis-Mazaudier, avenue des Félibres, rue de l’Aiguillette, rue Charles-Kaddouz jusqu’en limite du 13e arrondissement. Gérée actuellement par Valérie Boyer (UMP)

 

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