Les Marseillais à la playa

Marseille – Plage du Prado

C’est par le plus grand des hasards que j’ai découvert le travail photographique d’Audrey Tabary. J’ai particulièrement été amusée par une série de photos prises à Marseille, il y a 18 ans, sur la plage du Prado. Surprenantes, ces photos peuvent déranger mais je crois surtout qu’elles font sourire et qu’elles montrent des moments d’humanité originaux, qui font chaud au coeur. Rencontre avec cette coquine de photographe…

Audrey Tabary

E.K.  : Quelle mouche t’as piquée pour faire cette série ?
A.T. : En 1996, j’ai eu mon CAP Photo. Suite à ça, je suis entrée dans une association de réinsertion des jeunes par des pratiques culturelles tenu par deux photographes David Giancatarina, tout juste sorti des Beaux-Arts, et Eric Van de Woestyne. Ils nous envoyaient travailler des sujets personnels. Nous étions libres…  A cette époque déjà j’aimais photographier les gens et les guider, je rêvais de devenir photographe de mode.
C’était en août 1997, à l’époque j’avais 21 ans. J’ai décidé pendant un mois d’aller à la plage du Prado et de demander aux marseillais de poser devant mon objectif. Je leur racontais que j’étais dans une association de réinsertion professionnelle où j’apprenais la photographie. A cette époque, je travaillais avec de la pellicule argentique. Pour me souvenir des sujets, je les enregistrais pour avoir leur nom, adresse et une description d’eux-mêmes. Ces photos, on ne peux les faire qu’a Marseille de part l’identité méridionale, cosmopolite, « sans gêne »... Bref,  l’année d’après je suis allée faire des photos sur la côte atlantique… rien à voir. Ces photos, c’est Marseille !

083E.K.  : Quelle a été la réaction des personnes ?
A.T. : Bon il faut dire que tous n’étaient pas d’accord.  Certains m’ont dit non et d’autres ont dû me trouver sympa quand je leur disais qu’il ne fallait pas se prendre au sérieux. Je leur demandais de se lever et je ne m’arrêtais pas de parler. J’ai cherché à leur faire oublier l’espace public. Je leur montrais des poses en les prenant moi même ! Sur la plage du Prado, il y a parfois des animations, de la musique. Ça m’a permis de faire danser certains… en dansant moi-même. Bref, j’ai toujours pensé qu’un photographe est le miroir de son modèle. Il doit savoir dédramatiser l’acte photographique, mettre les gens a l’aise. Je prêtais aussi des accessoires (lunettes, chapeaux).

E.K.  : As-tu été surprise du rendu de tes photos ?
A.T. : Ah oui…  je me souviens, après la plage je venais à l’association développer les films, j’ai toujours était angoissée par ce moment. Je me souviens de la planche contact quand j’ai vu ces photos : je suis sortie en courant du laboratoire pour les montrer à David Giancatarina. Elles étaient trop belles, je n’en croyais pas mes yeux, je riais et je me demandais comment j’avais pu faire ça ! Avec ces photos,  j’ai remporté le prix jeune photographe La Cinquième en 2000 (Arles pour les rencontres internationales de la photographie) et je suis rentrée à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Marseille.
203Ça reste pour moi la série photographique qui m’a révélée en tant que photographe faisant apparaître mon style décalé. Je me suis « connue » grâce à cette série…

Imaginez la tête de votre belle-mère si vous lui offrez le tirage d’un de ces apollons en string… ou bien celle de votre beau-père ! Ces photos ont un côté tellement décalé, qu’elles font sourire. Après on peut aussi voir des sosies sur certains clichés comme celui du chanteur Khaled et même (un peu si…) de François Hollande ! Pas mal pour une déco qui n’a pas froid aux yeux je trouve…

Vous pouvez acheter en ligne des reproductions de ces photos en posters.

Voici le site commandes en ligne

Tirage sans finition (non contrecollé sur un support)
20 x 30 cm = 36€
30 x 45 cm = 48€
50 X 75 cm = 86€
Tirage  contrecollé sur Dibond (alluminium)
20 x 30 cm = 68€
30 x 45 cm = 136€
50 X 75 cm = 173€

Tirage  contrecollé sur Dibond (plexiglas)
20 x 30 cm = 68€
30 x 45 cm = 136€
50 X 75 cm = 173€

De vrais faux airs de notre Président ???

Pour ceux qui souhaiteraient les originaux, tirés en argentique, contacter Audrey par mail : baryta@gmail.com

 

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